L’Amaryllis

Quel étonnement renouvelé
que d’un bulbe de petite taille
émerge en un temps record
plusieurs fleurs d’une saisissante beauté

Je voudrais vous décrire la perfection de ce calice évasé

Mes mots s’effacent et
j’entends
les cris de détresse de celles et ceux qui se sont noyés
tentant de fuir guerre et pauvreté

Je voudrais vous peindre ses pétales veloutés

Mes mots s’effacent
et j’entends
les hurlements des femmes violées
esclaves sexuelles enchaînées

Je voudrais vous conter le jaune de l’étamine recourbée

Mes mots s’effacent
et j’entends
les tremblements de celles et ceux qui dorment sur les trottoirs glacés
d’une capitale aux valeurs liberté égalité fraternité

Je voudrais je voudrais
ne transmettre de cette fleur que la fascinante beauté

J’entends j’entends
du monde le bruit lancinant de la peur et de la douleur

Est-ce pour ce rappel Ô sublime fleur
que tu rayonnes en rouge sang ?