La marche

Dans la ville qui se dérobe
sous les pétarades et vapeurs des moteurs
Elle marche

L’étranger qui la regarde
entend ses talons claquer sur le pavé
toccata en saccade d’un corps
qui a peur de peser
un corps de brume et de désir en survie
un corps de tendresse réservée
d’émois inassouvis
d’imaginaires alanguis
un corps de tempête en attente
un corps transparent de don
cambré sous la musique
courbé sous la tendresse
un corps à fouiller et émouvoir
un corps en chair d’air chaud parfumé
un corps de force sauvage qui résiste se bat
et violent appelle et se donne passionnément

Elle marche
toccata en saccade
coït de l’informel
sabbat de l’esprit et des sens

Désir audacieux
d’oser exister
griserie d’un rêve intouchable
certitude fragile d’être

Funambule entre deux infinis
guidée par amour
envoûtée par la beauté
Elle avance