Récapitulons

Les années s’entassent
un chemin se trace

récapitulons

retrouver les morceaux épars
réparer
assembler

C’est long long long

Il manque des bouts
I n c o m p l é t u d e

chercher dans la peine ombre
éclairée par les bougies des ans

point ne capitule
point ne peux

Pourquoi ?

se réveiller chaque matin
sans bagage
pour un nouveau départ
avec le doute comme moteur
et l’émerveillement du vivant

 Le chemin est un passage étroit

 

La distance et le temps

La distance et le temps
conjuguent leurs artifices
lézardant le souvenir poignant
ridant le vivant

La distance et le temps
tricotent un voile
déposant sur les toiles d’antan
d’apaisants moments

La distance et le temps
forment un écran
reléguant dans le néant
de troublants sentiments

La distance et le temps
opèrent
l e n t e m e n t

 

© photo : Aaris

 

Recette de poussières d’étoiles

Pour empêcher de se noyer dans le trou noir
des regards indifférents vide de nos ténèbres ?
Se souvenir de quelques sourires radieux de l’enfant
qui ne savait pas encore

Pour éviter de sombrer dans l’appât compulsif
d’avoirs illusoires et insatisfaisants ?
Retrouver la trace de l’émotion partagée d’un instant de bien-être
pour encore croire en son possible

Pour surseoir à cette interrogation lancinante de la vanité
d’être à jamais cette coquille de noix sur l’océan des doutes ?
Éprouver la sensation qu’à un moment précis
deux paquebots de solitude ont ouvert les écoutilles

Pour croire que nous sommes autre que cet amoncellement
des lâchetés quotidiennes de notre finitude ?
Évoquer ces quelques nuits où deux corps éperdus de désir
ont cru que l’éternité leur appartenait

Dénicher
cette certitude au cœur de l’iceberg
que tu entends la détresse
qu’impuissant tu l’écoutes
bouleversé tu écoutes
tu écoutes
certitude alors
que les poussières d’étoiles d’un amour éparpillé en chacun
sourient

photo : nuage d’Orion A à 1350 années lumières