La commode

Le temps s’enfuit
sur un dériveur déboussolée
et la vie manège surannée
tourne de plus en plus vite

Le passé est un château
dont les pièces se vident
et la tempête automnale claque les fenêtres
aux rêves qui se brisent

Le présent vivant range
dans les tiroirs billebarrés de la commode
les mots les mots et encore les mots
récoltés et amalgamés au fil des maux

Les pages jaunies empilées
racontent en désordre
les strates d’une vie
elles entretiendront le feu
de la crémation de l’écorce charnelle
ou rempliront les poubelles d’un cyclécolo

Rien ne se perd
Rien ne presse

Encagée dans le présent
je savoure chaque instant continuant
de jeter des mots tout venant à tous vents