A temps plein

Je cambriole le temps
je le dévalise
je l’enferme entre les mots
je l’emprisonne
le soumets à la question
le torture

Il est résistant le temps et joue la fille de l’air
Je me rends

Il me délivre alors quelques instants
des secondes volées
que j’attache au fil blanc
à la page
et relie à la vie

Et le temps part en courant
à contre temps
s’échappe
vagabonde
me nargue et caracole

Il ne connaît pas l’issue
je connais la mienne