Vieillir ou la légèreté d’être

délester abandonner
apprivoiser un corps mutant
aimer sans rien attendre
aimer encore
savourer les minutes douces du bon-heur
oublier les heures lourdes du mal-heur

effacer pardonner
jouir encore
réjouir
s’effacer lentement
laisser le temps horizontal enfiler les jours
retenir la durée verticale
l’escalader

VIE-i-LL-ir
c’est la vie qui laisse pousser deux ailes
pour s’envoler
prendre le large
respirer sauvagement
expirer lentement
le plus lentement possible …

 

 

Perdu dans l’univers

Dans l’infiniment grand en expansion dans le multivers
le terroïde se terre

Dans l’infiniment petit qui nous compose
l’ADN nous programme

Toi Humain entre les deux infinis

Tu erres

dans les conflits qui déchirent
dans les maladies qui détruisent
dans le pouvoir qui écrase
dans la compétition qui élimine
dans la vie qui éconduit
dans la recherche des profits qui pervertit
dans l’angoisse du manque qui ronge

Tout ceci est en dehors de toi

Entre les deux infinis
la liberté est ton unicité

Ta vérité

 

 

A temps plein

Je cambriole le temps
je le dévalise
je l’enferme entre les mots
je l’emprisonne
le soumets à la question
le torture

Il est résistant le temps et joue la fille de l’air
Je me rends

Il me délivre alors quelques instants
des secondes volées
que j’attache au fil blanc
à la page
et relie à la vie

Et le temps part en courant
à contre temps
s’échappe
vagabonde
me nargue et caracole

Il ne connaît pas l’issue
je connais la mienne