En amour

J’aime l’Amour dit la femme
J’aime la Femme répond l’homme

J’ai mis ma tête dans ton cœur
et ouvert les portes du désir

Crevons la panse de l’amour
que la semence répandue
féconde les trous noirs
vie atemporelle où
jaillissent des nénuphars blancs
à la musique diaphane
au parfum hypnotique

Laisse le temps de la volupté
me remplir
et déborder dans tes rêves

Pénétrer
dans le nombril de cette terre
qui est tienne
me ramasser en boule
hurler dans cet autre ailleurs
fissurer les certitudes
laisser la lumière m’asperger
frissonner
écouler le trop plein en larmes d’argent
me baigner dans la rosée de la nuit de lune pleine
éclore une fois encore
à la Vie
enamourée

 

 

 

 

Les dés

Les dés sont jetés
en tous sens s’en sont allés
au hasard se sont accolés

à l’illusion pour désillusionner
à l’ordre pour désordonner
au masque pour démasquer
au courage pour décourager
au cri pour décrier
à l’équilibre pour déséquilibrer
au fini pour définir
à la raison pour déraisonner
à la nature pour dénaturer
au bouton pour déboutonner
à la chaîne pour déchaîner
au goût pour dégoûter
au mérite pour démériter
à la mission pour démissionner
à la passion pour dépassionner
à la plume pour déplumer
à la racine pour déraciner
à l’accord pour désaccorder
à l’abus pour désabuser
à l’arme pour désarmer
à la terre pour déterrer
à l’espoir pour désespérer
à l’œuvre pour désœuvrer
à la boussole pour déboussoler

À quel jeu jouent ces dés ?

 

Féminin soleil

Je t’ai offert mon féminin soleil

Les mains reliées forment un nénuphar
sa corolle contient le philtre de l’oubli
pour l’autre naissance

Nous le boirons le moment venu

Je t’ai offert les lèvres de mon sexe
ta bouche les a avalées
elles parlent désormais à ton cœur
un langage archaïque

L’énigme palabre le moment venu

J’ai caché mon ombre dans ton ombre
ton corps l’absorbe
elle danse dans tes rêves
une transe chamanique

L’absence comprime le silence
Il explose quand le moment vient

© photo Aaris