Jour de printemps

sur le gazon allongée
le soleil me décalque
le platane enfonce son ombre dans le sol
deux tourterelles se bécotent

j’imprime
yeux fermés sens ouverts
les gazouillis tous azimuts
le bourdonnement d’une abeille
l’odeur de terre humide

je pressens
le monde souterrain des minuscules
sous mon corps écrasé
il grouille s’affole et s’enracine

ma peau avale la chaleur
mon corps se rend
je fusionne
osmose dans l’énergie du re-nouveau
sens d’un corps contre essence de l’être
don
communion
commune union
avec ce moment d’éveil
qui réveille la force

une fraicheur surgit
un nuage efface la chaleur

aucun moment de plénitude ne dure
ainsi soit-il

savourons donc…