Jour de printemps

sur le gazon allongée
le soleil me décalque
le platane enfonce son ombre dans le sol
deux tourterelles se bécotent

j’imprime
yeux fermés sens ouverts
les gazouillis tous azimuts
le bourdonnement d’une abeille
l’odeur de terre humide

je pressens
le monde souterrain des minuscules
sous mon corps écrasé
il grouille s’affole et s’enracine

ma peau avale la chaleur
mon corps se rend
je fusionne
osmose dans l’énergie du re-nouveau
sens d’un corps contre essence de l’être
don
communion
commune union
avec ce moment d’éveil
qui réveille la force

une fraicheur surgit
un nuage efface la chaleur

aucun moment de plénitude ne dure
ainsi soit-il

savourons donc…

 

 

 

 

Capharnaüm

En vrac autour de moi …
un livre qui tombe à pic
dans un panier de crabes tassés comme des sardines
un âne qui saute avec le coq
un rat de bibliothèque qui disparait dans un trou de souris
une carpe muette qui lève un lièvre
un chien fou qui donne sa part au loup
un mouton à cinq pattes qui prend la mouche
des pinceaux qui se mélangent
une grenouille grosse comme un bœuf
coincée dans un bénitier
une grue qui fait le poireau en se tirant les vers du nez

Et moi avec une araignée dans le plafond
et une tête de linotte baillant comme une huître
j’enfonce des portes ouvertes
deviens chèvre et dors debout comme un loir…

A suivre …

Des mots sur un Indicible

Force en mouvement
qui fut avant le commencement
et sera après la fin des temps
de Toi je ne peux rien imaginer

J’imprime des mots sur les parois du silence
Je retiens le mystère de la présence absente

Depuis l’ombre qui me dissimule
des mots qui se taisent tentent une esquisse

Je retire un voile mais tu en possèdes des milliers
Tu me dis oui et tu sembles apparaître
Tu me dis non car je ne peux te connaître

Tu existes puisque je te nomme
Indicible qui donne un ressenti à
Beauté Amour Infini

Suis Être de chair que tu n’es pas
matière d’un multivers
inscrite dans un corps limité de l’espace et du temps

Tu as refermé un bout de toi
créateur et création
en des écorces charnelles

emprisonnées dans la dualité
nous existons en ténèbres et lumière

inscrites dans une mémoire
nous transmettons

dotées d’une intelligence
nous interrogeons

aspirées par une immanence
nous initions le sacré
source et chemin
vers la désincarnation
et la re-naissance dans une Conscience