Aux Valentins et …tines

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ton cœur
je ne peux imaginer
que par-delà le soleil et les autres soleils
Tu n’existes pas
dans l’infini des étoiles à conquérir
murmurant des bribes de tendresse
emportées dans le sac de ton dos
ton unique bagage

Comment te dire que les éléphants sont rose crevette
dans le jardin de mon secret ?

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ta solitude
le miroir aux alouettes chante la dérive
l’humour noir des nuits blanches entonne
des alléluïas sur la dépouille des insomnies
Quand un abîme se creuse entre deux mains déracinées
des sanglots tambourinent sur les tympans de l’indifférence

Comment te dire que les moutons à cinq pattes
paissent dans les vignes du temps égaré ?

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ta différence
les silences bourgeonnent des nénuphars d’espérance
des chants boulimiques d’unisson désagrègent les trahisons
les ténèbres s’éclairent aux roux soleils solitaires
Quand deux mains se posent sur l’écorce de l’arbre
les forces multiplient les rêves d’amour

Comment dire que des mains qui s’aiment
peuvent enlacer la planète ?

©photo diaporama sur Chagall – carrières de St Rémy de Provence