Désordre des idées

Il est des jours où le vent s’accroche dans le corps
des jours où un va-et-vient cogne de-ci de-là
comme vide ou plutôt un trop plein
en désordre
un courant d’air qui
secoue les idées
les éparpille

Je cours après
cherche à les rassembler
mais elles
les idées

jouent à cache-cache
me fuient et
si une se laisse attraper
c’est par pitié de me voir essoufflée

Oh là !  Idées !  Du calme
Pouce !
reprenez vos esprits
arrêtez de gesticuler
j’ai besoin d’une pause
de me poser
au milieu de vous
de faire une assemblée générale ou un colloque
ou un séminaire ou un raz-de-marée
d’idées
pour en tuer quelques-unes
les noyer ou les enterrer ou les étrangler

Oh là ! idées ! Du calme
reprenez vos esprits
que celles qui ont à parler lève la main

Je cherche du sens
et non un brouhaha de mots
alors décantez-vous synthétisez et
je viendrais vous retrouver

Bonne nuit
Je vais me coucher…

 

 

 

Passage

Les distances s’amenuisent
l’information circule de plus en plus vite
le moment présent du bien être
s’inscrit dans la réalité des
intégrismes conflits cataclysmes

Les strates de vécus
s’interpénètrent en ondes chaotiques
attention tension
équilibre stress
engagement culpabilité
doute certitude
fusion rupture
rires pleurs
indignation

Action

La vie éclatée nous éparpille
une révolte gronde
penser trop
penser mal
penser juste

Ne plus penser

Agir
avec ce liant
ce lien
du guide
Amour
et cette certitude
à apprivoiser :

Nous ne sommes rien que de passage

Aux Valentins et …tines

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ton cœur
je ne peux imaginer
que par-delà le soleil et les autres soleils
Tu n’existes pas
dans l’infini des étoiles à conquérir
murmurant des bribes de tendresse
emportées dans le sac de ton dos
ton unique bagage

Comment te dire que les éléphants sont rose crevette
dans le jardin de mon secret ?

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ta solitude
le miroir aux alouettes chante la dérive
l’humour noir des nuits blanches entonne
des alléluïas sur la dépouille des insomnies
Quand un abîme se creuse entre deux mains déracinées
des sanglots tambourinent sur les tympans de l’indifférence

Comment te dire que les moutons à cinq pattes
paissent dans les vignes du temps égaré ?

Quand la nuit mes yeux se réveillent dans ta différence
les silences bourgeonnent des nénuphars d’espérance
des chants boulimiques d’unisson désagrègent les trahisons
les ténèbres s’éclairent aux roux soleils solitaires
Quand deux mains se posent sur l’écorce de l’arbre
les forces multiplient les rêves d’amour

Comment dire que des mains qui s’aiment
peuvent enlacer la planète ?

©photo diaporama sur Chagall – carrières de St Rémy de Provence