Impuissance

L’ère qui s’achève apostrophe le néant
dans mon cœur se bat une petite fille diaphane
que ne puis-je écrire tous ces mots tous ces mots
ces mots tous ces mots ces mots tous ces mots
qui façonneraient des lendemains
levain de la terre

Je n’écris pas
je suis écrite par la main du temps
je suis dépecée par les éclairs de l’ouragan
je suis modelée par l’empreinte des vents

funambule sur la ligne d’horizon

je chancelle
la peur tapis dans le ventre
je vomis
les corps déchiquetés des charniers
j’endure
le harcèlement des égos
j’encaisse
la tyrannie des pouvoirs
je martèle
les murs de l’intolérance

j’avance les yeux dilatés
par la vision d’un immense gâchis
le visage ridé par la brûlure de la lucidité

(extrait de ‘la Femme de chair et d’os’- 2014 –
photo : spectacle de la Carrière des Baux de Provence – 2015)