Une vie

La main d’un destin dessine
une aspérité pour s’accrocher
une différence pour ébaubir
une île pour isoler
un regard pour ancrer
un sourire pour se perdre
une bouche pour se désaltérer
une odeur pour s’enivrer

Des blancs se comblent de champs de soleils
Des vides se creusent en brûlures de cratères et de rides

Et le temps passe

Le temps pour avoir le temps
le temps pour être le temps
un temps de l’intense qui unit les âmes
fusionne les corps à l’unisson de l’univers
pour que la beauté prenne sa place

Toute sa place

Le temps d’un souffle retenu
d’une extase

Pour oublier ce qui use
pour exploser et renaître
au cœur d’une certitude
quand le doute interroge le commencement et la fin

L’infini
c’est très long
le temps d’une vie
très court

(extrait de Intempor’EL – Editions Entre Terre et Ciel – 2015)