Un p’tit coin de paradis

Les étoiles ont rempli l’herbe du matin
d’éclats de nuit scintillant au soleil
mes pieds nus les écrasent
la rosée me pénètre
les lauriers roses et le jasmin s’exhalent
un air très doux caresse ma peau
je frissonne à l’unisson des feuilles
au loin Pedro brait

La figue cueillie crache un lait amer
sa peau craquelée raconte son histoire
son intérieur est une galaxie de petites sphères
attachées sur la paroi
la couleur rose jaune rouge s’étale
palette subtile
je la croque
des petits grains entourés de matière onctueuse
s’écrasent sous les dents
j’avale un jus doux et sucré

La transparence des grappes de raisins annonce leur maturité
zitiui-si-vi-si-vi-svi-sivi zuy-zuy-zuy-zuy
racontent les Troglodytes Mignons
les cyprès – verticales sombres – narguent le bleu du ciel
des abeilles bourdonnent en tourbillonnant dans les valérianes
une cigale rend hommage à la chaleur
appelant ses soeurs endormies au concert
un écureuil d’arbre en arbre traverse la pelouse
je ne vois que le panache de sa queue rousse

J’aspire corps et âme cet équilibre serein

Je suis dans un mas des Alpilles
parcelle de territoire Français
du continent Européen
de la planète Terre
perdue dans une des galaxie du multivers

L’étoile présumée habitable la plus proche
est à 40.000 milliards de kilomètres
Son nom : Proxima Centauri b
Y trouverai-je ce p’tit coin de paradis ?

(été 2016)