Le pays sans nom

Dans le cœur d’un pays qui ne dit pas son nom
au centre d’un cercle entourée par la nuit
je me réfugie dans un halo de lumière

Dehors l’orage et les éclairs racontent la colère du ciel
nourrie d’énergie tellurique et de rosée matinale

Possédée par l’odeur de terre brûlée et de sous-bois décomposé
je capte les rêves égarés des promeneurs de silence

des mains qui semblent miennes
mélangent les couleurs
malaxent les formes
empilent les lettres
libèrent les sons

des pages blanches se remplissent de messages à décrypter

le cœur de ce pays qui ne dit pas son nom
contient ce qui ne se nomme pas

Je le quitte parfois
et reviens dans l’autre monde

Les regards s’écarquillent et cherchent un sens
Je reste coi et muet

Le pays qui ne dit pas son nom ne possède pas de clés

(écrit à l’occasion de l’exposition des peintures de Marie-Martine Marchand)