Silence

« La même démarche me fait chercher le bruit caché dans le silence, le mouvement dans l’immobilité, la vie dans l’inanimé, l’infini dans le fini, des formes dans le vide et mon âme dans l’anonymat » Miro (1939)

Silence
invisible de la parole
partie cachée du dire
alpha et oméga de la vie

Le silence est creuset
où les mots germent

Le silence est tombe
où l’indicible s’enterre

Le silence est vibration
où les âmes s’embrasent

Le silence est levier
où la pensée se soulève

Le silence est détente
où le corps aspire

Le silence est mystère
où le désert se fige

Le silence est omission
où la trahison se trame

Le silence est soupir
où la musique respire

Le silence est abîme
où les ondes festoient

Le silence est absolu
où l’éternité se perd

Le silence est magie
quand l’amour se souvient
Le silence est de plomb
quand la vie se retire

A l’envers de moi-même

A l’envers de moi-même
j’ai regardé par derrière
J’ai vu un dos
un dos plein
un plein le dos
qui se plaignait
en faisant le dos rond

 A l’envers de moi-même
j’ai marché dans le ciel
Ma tête sans dessus-dessous
a mélangé toutes les idées
les sens sont devenus
des non sens et
les contre sens des vérités avortées

A l’envers de moi-même
j’ai pénétré dans l’intérieur
dans l’espace intérieur
Il était vide
plein de vide et
vide de plein
J’ai perdu ma contenance et
me suis liquéfiée

A l’envers de moi-même
j’ai voulu revenir à l’endroit
devenue gauche et maladroit
me suis repliée sur moi-même
en boule et
maboule
je prépare la fusion
d’un monde à la fois
ouvert et droit.

 (écrit à l’occasion de l’exposition de Marie-Martine Marchand, peintre :
A l’envers de moi-même – octobre 2015)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Initiation

J’ai marché dans le ciel en regardant la terre

La nuit m’a enveloppée dans son épais manteau
son œil jaune paille me fixe et veille

Tapis dans l’odeur cannelle
les ombres guettent la mise à mort

Je rassemble les bouts épars

Amarres larguées
le temps m’embarque dans son sablier
vers la source originelle

Je descends dans les entrailles
ventre chaud
Par le bout des racines
je me désaltère à la source
puisant l’énergie du feu et de la matière

J’entre dans l’intérieur
Je deviens
corps vide
apesanteur
dans l’eau du renouveau

Je renonce
me soumets
abandonne
Je suis un dans le tout

La sève m’aspire vers la cime
où la lumière aveugle
Je reçois la palette de l’arc en ciel
qui réunit le haut et le bas

Tapis dans l’odeur de myrrhe
les ombres festoient la re-naissance

J’ai marché dans le ciel en regardant la terre
là où le petit et le grand dévoilent une part du mystère.

(Inédit)